L’eau

Quand un bien commun est confronté à la rentabilité

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Depuis toujours l’eau est une ressource essentielle et nécessaire à la survie de l’être humain. Dans notre pays, les sécheresses plus longues et plus fortes, l’explosion démographique urbaine, les restrictions d’utilisation durant l’été en font une denrée précieuse mais aussi très convoitée, car très rentable.

Il y a encore quelques dizaines d’années, la distribution de l’eau potable se faisait de façon locale, et de grands groupes tels que la Lyonnaise des Eaux ou la Générale des eaux n’avait pas encore réussi à obtenir le monopole de cette distribution. Cependant, aujourd’hui, même si les prémisses d’une inversion apparaissent ça et là, il est devenu très rare que la distribution d’eau échappe au contrôle de ces distributeurs dont l’objectif n’a rien de désintéressé.

Loi Brottes, interdiction du « lentillage » : des garanties d’un accès à l’eau pour tout le monde ?

Si l’on peut qualifier la France de pays moderne et riche, il n’en demeure pas moins que, avec les crises successives, le chômage de masse, la précarité du travail, une partie de plus en plus importante de la population s’est paupérisée, entraînant pour les individus, adultes et enfants, des conditions de vie devenues insupportables. Ainsi en est-il de l’accès à l’eau potable qui, jusqu’en février 2014 pouvait être complètement coupée en cas de factures impayées.

Le 15 avril 2013, la loi Brottes, dont le décret d’application date du 27 février 2014, interdit les coupures d’eau pour incapacité de payer. C’est une reconnaissance de l’accès à l’eau potable comme droit fondamental. Mais les grands distributeurs de l’entendent pas ainsi et mettent aussitôt en place un système de « lentillage » réduisant la distribution à un filet d’eau, insuffisant pour prendre une douche, laver le linge, avoir une production d’eau chaude pour les chaudières au gaz… Cependant, le décret du 13 août 2008 montre que cette pratique est autant illégale que les coupures d’eau, et cela tout le long de l’année. Cette décision s’appuie sur la possibilité que toute personne dispose d’un logement décent.

Les grands distributeurs font de la résistance

Privés d’une partie de leur rentabilité, ces distributeurs envisagent toutes les possibilités : répercuter le manque à gagner sur les bons payeurs en augmentant le prix de l’abonnement, augmenter le prix de l’eau, et, dernièrement, proposer aux collectivités des avenants à leurs contrats autorisant le « lentillage », imposant l’augmentation du prix de l’abonnement, répercutant sur elles les frais de recouvrement des impayés. Véolia argumente ainsi que les impayés auraient augmenté depuis la loi Brottes. Mais il semble que cette explosion des impayés ait commencé en 2010 et donc serait plutôt une conséquence de la crise de 2008 et de l’appauvrissement d’une partie de la population de notre territoire.

L’eau, un bien commun à ne pas mettre dans les mains d’entreprises privées

Dans son programme « l’avenir en commun », la France insoumise qui porte Jean-Luc Mélenchon veut institutionnaliser le droit aux premiers mètres-cubes d’eau gratuite pour tous, de même que les premiers kilowatts ou les premiers mètres-cubes de gaz.. Ce faisant, il grave dans le marbre constitutionnel l’accès pour tous aux besoins fondamentaux que sont le droit au chauffage, à l’hygiène et à l’électricité.

C’est une notion de « bien commun » qu’il introduit par ce programme ; un bien commun que de grandes sociétés ne peuvent s’approprier à des fins d’enrichissement inconsidéré des actionnaires.

Les propositions sur l’eau du programme « l’avenir en commun »

Urgence sociale/Éradiquer la pauvreté
phi-liste Instaurer la gratuité de l’accès et des quantités d’eau, électricité et gaz indispensables à une vie digne en commençant par faire appliquer l’interdiction de coupure d’eau et de réduction de débit au domicile principal

Urgence écologique/Sauver l’écosystème et la biodiversité

phi-liste Gérer durablement l’eau, bien commun essentiel à toute forme de vie : lancer des programmes de dépollution des cours d’eau et océans, favoriser la création de régies publiques de l’eau au niveau local pour une gestion démocratique

Voir aussi le livret thématique #29  Eau, bien commun