RSI, quand tu nous tiens…

L’histoire, parmi tant d’autres, d’une indépendante, Pascale B., inscrite depuis novembre 2016 à l’organisme social des indépendants (RSI) obligatoire en France.

« Début décembre 2016, 3 semaines après mon inscription, je reçois mon premier appel à cotisation RSI, pour la somme de 900€ pour un trimestre. Je tiens à vous préciser que lors de mon inscription, je me suis déplacée au RSI (à 36 KM de mon domicile) pour leur préciser que je travaillerai que deux jours par semaine, et que pour l’instant je n’avais pas de clientèle.

Je les appelle et leur demande sur quelle base m’ont-ils calculé une cotisation aussi élevée.

Ils me conseillent de retourner sur le site internet et de cocher la case X, et tout s’arrangera…

Quelques jours s’écoulent et je reçois ma nouvelle cotisation, et là surprise 1700€/trimestre !!!

Je me déplace à nouveau au R.S.I, ayant pris le soin de vérifier les heures de réception « sans RDV », et là je suis accueillie par un vigile (style molosse) qui m’interdit l’accès du R.S.I, me prétextant qu’ils recevaient désormais uniquement sur RDV (trop de soucis avec les gens qui pètent les plombs, me dit-il). Je lui répète que sur leur site, ce jour précisément est sans RDV et que j’avais fait 36 km pour venir !

Il monte le ton et me menace d’appeler la police, si je ne dégage pas rapidement. Je m’exécute et je quitte le site.

De retour chez moi j’appelle le R.S.I, et je leur demande des explications.

Il me précise que j’avais déjà été indépendante il y a six ans (en tant que restauratrice) et dans la mesure où l’on conserve son numéro SIREN à vie, ils avaient repris la base de mon ancienne activité.

Cherchez le rapport entre les deux activités ?

Puis ils me conseillent vivement de payer, car ils ont la possibilité de me bloquer mes comptes bancaires sans préavis me rajoutent-ils. Et puis ils me promettent de régulariser tout ça en mai 2017 !

J’ai dû puiser dans mes économies, car pour l’instant ma clientèle se fait et ne génère pas de quoi régler la somme réclamée, ou plutôt «rackettée » par le R.S.I.

Ce que je pense du R.S.I aujourd’hui ?

C’est l’impossibilité d’évaluer et prévoir nos charges. Leur site avance des chiffres qui sont faux. C’est le pot de terre contre le pot de fer, d’énormes difficultés pour se faire entendre, ils n’écoutent pas les usagers. Ils ont beaucoup de mépris pour nous.

Je ne suis pas sûre de continuer mon activité, alors que j’ai suivi une formation onéreuse de médecine chinoise pendant trois ans, que j’ai financée seule. Cela représente aussi un investissement personnel très important.

Je précise que le statut d’indépendant m’a été imposé par la structure qui me loue les locaux pour exercer. Je n’avais pas le choix.

En bref tout le temps passé à me débattre avec le R.S.I me ronge et m’empêche de me consacrer sereinement à ma nouvelle activité. Je conseille à personne de se mettre à son compte dans de telles conditions.

J’ai contacté une association « Sauvons nos entreprises, S.N.E », vous seriez surpris des témoignages et des situations bien pires que la mienne.

Aucun élu n’a le courage de dénoncer les manœuvres du R.S.I ou même de nous écouter […].

Nous avons besoin de vous, c’est un cri d’alarme  !!! » (Pascale B., interviewée le 1.03.2017)

aller plus loin

Le programme L’Avenir en commun de la France Insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle contient de nombreuses propositions pour construire une nouvelle ère protectrice pour les travailleurs, salariés et non salariés. Parmi celles-ci « Donner la liberté aux artisans, commerçants, indépendants, chef d’entreprise et auto-entrepreneurs de s’affilier au régime générale de la Sécurité Sociale plutôt qu’au Régime social des indépendants » (Mesures 26-5)

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