Non à l’ A45

LA A45, UN COMBAT CONTRE UN GRAND PROJET INUTILE

Suite d’un combat de 25 ans, le 4 février dernier, une manifestation à Duerne a rassemblé agriculteurs, élus et population attachés à une terre menacée par le projet de nouvelle autoroute A45.

Une seconde autoroute reliant St Etienne à Lyon, pour quoi faire?

Lancé en 1993, le projet de la nouvelle autoroute A45, déclaré d’utilité publique en 2008, n’a jamais cessé de soulever une vive opposition.

Cette autoroute de 48 kilomètres relierait Brignais au sud de Lyon à la Fouillousse au nord de St Etienne. Officiellement, elle permettrait de désengorger l’autoroute A47 et surtout de désenclaver St Etienne et lui permettre de se développer économiquement. C’est un projet évalué à 1,5 milliard d’euros financé par St Etienne Métropole, le Conseil départemental de la Loire, le Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes et l’Etat, mais d’où sont absents le Conseil départemental du Rhône et le Grand Lyon.

Des arguments qui ne « tiennent pas la route »

Les arguments en faveur de cette autoroute s’axent principalement autour de trois raisons : la première serait le désenclavement de St Etienne. Cependant les spécialistes des transports affirment que « lorsque deux agglomérations sont reliées par des autoroutes, c’est toujours l’agglomération la plus importante qui en bénéficie ». Ainsi non seulement St Etienne ne bénéficierait aucunement de la réalisation de cette autoroute, mais celle-ci viendrait ajouter aux embouteillages quotidiens du carrefour des 7 chemins et de la A450 (environ 58 000 véhicules aujourd’hui) son flux de voitures venues de la métropole stéphanoise, environ 35 000 véhicules prévus. Le gain de temps annoncé par les tenants de la A45 serait donc perdu dans les bouchons des accès à Lyon.

La seconde raison de la réalisation de ce nouveau tracé est la dangerosité de la A47. Cependant, la Direction inter-régionale des routes indique qu’il y a presque deux fois moins d’accidents sur cette autoroute que sur les nationales de la métropole lyonnaise.

Enfin, les tenants de ce projet font valoir des créations d’emploi. Mais il faut savoir que ce sont des emplois non pérennes puisqu’ils ne dureront que le temps de la construction de l’autoroute.

En revanche, on sait que cette nouvelle autoroute est un tronçon du projet de liaison européenne Séville-Varsovie. Ainsi, les contribuables locaux vont, outre la disparition d’exploitations agricoles actuelles, outre la destruction de leur paysage, outre la pollution qu’ils vont subir, payer une autoroute destinée au transit international, donc aux camions.

Une catastrophe écologique annoncée et ignorée par Laurent Wauquiez

Car cette autoroute, c’est 500 hectares de terres agricoles perdues et 375 fermes menacées. C’est toute la dynamique d’une agriculture paysanne mise en valeur depuis des décennies, qui pourrait être mise en péril. Sur le plateau mornantais par exemple, a ouvert en 1978 le premier magasin français de producteurs, Uniferme. A proximité, la commune de Saint-Maurice-sur-Dargoire, 2 200 habitants compte à elle seule trente-neuf agriculteurs.

A l’heure où tout le monde s’accorde à dire qu’il faut privilégier l’agriculture de taille moyenne et la consommation en circuits courts, à l’heure où les agriculteurs souffrent de politiques de rentabilité qui les étouffent, à l’heure où Jean-Luc Mélenchon insiste pour rétablir une culture paysanne et où l’un de ses axes majeurs est l’écologie, que vaut ce projet destructeur d’emplois agricoles, polluant et ravageur pour l’écosystème local en terme de flore et de faune ? Un projet si nuisible que la grande majorité des élus locaux de l’ouest lyonnais s’y opposent fermement.

Pourtant les associations de lutte contre cette autoroute (voir la liste ci-dessous) proposent des alternatives concrètes et chiffrées : la réhabilitation de l’autoroute A47 coûterait environ 1 milliard d’euros contre 1,5 milliard pour la A45. Non seulement cela permettrait de proposer aux usagers une autoroute A47 sécurisée, mais les 500 millions de la différence pourraient alors être investis dans des projets économiques plus écologiques, permettre de préserver et développer le bassin d’emploi stéphanois par l’implantation d’entreprises, limiter l’affluence vers la métropole lyonnaise. L’élu régional EELV Jean-Charles Kolhaas propose également de doubler la cadence des trains entre St Etienne et Lyon aux heures de pointe.

Alors à qui profite ce projet ?

En tous cas pas aux contribuables de la Loire ; car Laurent Wauquiez l’a annoncé : « ça signifiera qu’on fera des économies sur d’autres dossiers de la Loire ». Lesquels ?

Pourtant nul doute que cette autoroute est une grande affaire d’argent. Si la pression est grande depuis 25 ans que ce projet existe, c’est que l’entreprise peut rapporter gros. En effet Vinci, le grand vainqueur si le projet voit le jour, aura réussi à troquer une autoroute gratuite contre une autre payante, une autoroute que les usagers paieront non seulement par leur péage mais également par leurs impôts.

Se donner les moyens d’un avenir écologiquement et humainement soutenable

Dans son programme « L’avenir en commun », Jean-Luc Mélenchon se mobilise contre les « grands projets inutiles ». Tout comme le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, l’autoroute A45 fait partie de ces projets désuets, initiés à une date où les enjeux écologiques n’étaient pas encore au centre des préoccupations des hommes et des femmes politiques -à supposer qu’ils le soient aujourd’hui pour certains- mais aujourd’hui poursuivis par une poignée de personnes incapables de remettre en cause leurs certitudes, ou soumises à des lobbies…

C’est cela que combat la France insoumise en soutenant les associations qui combattent avec énergie ce projet.

Les dates des 1er et 2 juillet marqueront un nouveau temps de résistance avec l’organisation d’un grand rassemblement sur le plateau de Mornant. Une date à réserver dès maintenant.

l’ A45 : un dossier central pour l’avenir en commun

l’Avenir En Commun, programme de la France Insoumise porté par Jean-Luc Mélenchon défend l’idée d’une planification écologique et s’engage à :

  • développer les transports publics écologiques et repenser la mobilité individuelle
  • pénaliser les transports sur longue distance pour relocaliser les productions
  • organiser et aménager le territoire par la démocratie et les services publics
  • sauver l’écosystème et la biodiversité
  • promouvoir et favoriser le développement d’une agriculture biologique et paysanne (voir le livret thématique ici)

 

Aller plus loin

Les amis de la confédération paysanne – le site

Non à l’autoroute A45 – le site / page facebook

Coordination des opposants à l’ A45 – page facebook

NoPasarA45 – le site

Les opposants au projet

L’association intercommunale « Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais » (SCL) compte 3500 adhérents et regroupe 33 structures locales. La Confédération Paysanne du Rhône est adhérente à l’association depuis sa création en 1990. Contact : 06 03 50 83 17 – mail : infosclinter@gmail.com / www.scl-rhone.org/

L’association intercommunale « Sauvegarde des Coteaux du Jarez» (SCJ) regroupe les associations de 17 communes qui s’opposent au projet d’A45, côté Loire.  http://scjarez.free.fr

ALCALY rassemble 109 communes (1600 élus), 7 communautés de communes opposées à ce projet d’A45.

La Confédération paysanne du Rhône et de la Loire rassemble de nombreux paysans menacés par l’autoroute. Elle accompagne est  amplifie la mobilisation de terrain, met en œuvre des stratégies foncières et défendra les paysans expropriés s’il le faut.

Dernière née, la Coordination des opposants à l’A45 rassemble toutes ces structures et d’autres (LPO, Alternatba, Amis de la terre…), ainsi que des citoyennes et citoyens, pour donner encore plus d’impact à la mobilisation.

Non à l'autoroute A45 dans les côteaux du lyonnais